Vrais Frères Unis


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Historique

Selon la tradition orale, de 1765 à 1774, des réunions informelles de francs-maçons eurent lieu dans la vallée du Locle. Aucun document, donc aucune source directe, n'est resté de cette période qui marque aussi l'époque où la Grande Loge de France fut définitivement supplantée par le Grand Orient de France.

Il n'en demeure pas moins qu'en 1774, 19 Frères fondèrent au Locle la Loge au signe distinctif " Les Vrais Frères Unis ". La première Tenue de Loge eut lieu le 2 Octobre 1774. On y constitua le Collège des Officiers et on y fit également la lecture des lettres patentes octroyées à la Loge naissante par la Grande Loge de France, qui fut ensuite remplacée par le Grand Orient de France qui délivra une Constitution régulière octroyée le 5 Juin 1780.

Des relations nombreuses et très cordiales avec le Grand Orient de France exercèrent immédiatement une influence très salutaire sur les Vrais Frères Unis et, les planches du Grand Orient, toujours empreintes d'un esprit démocratique, eurent le pouvoir d'engager les Vrais Frères Unis à prendre l'initiative de la création de l'Hôpital du Locle, peu de temps après la fondation de la Loge. Rappelons encore l'aide apportée à la population de Pontarlier (en 1811) après un gros incendie et un geste de solidarité à la ville de Spa (Belgique) dans des circonstances analogues (en 1807).

Les 50 premières années de la Loge seront mouvementées :

  • Sans abandonner son affiliation au Grand Orient de France, la Loge se rapprocha de la franc-maçonnerie prussienne, puisque le roi de Prusse était alors prince de Neuchâtel


  • Au commencement de 1790, 9 Frères résidant au Vignoble créent une nouvelle loge à Neuchâtel sous le nom de " Frédéric-Guillaume la Bonne Harmonie. "


  • Les excellentes relations avec le Grand Orient de France furent interrompues en 1793, car celui-ci suspendit son activité à cause de la Révolution. En 1793, outre le mouvement révolutionnaire, la crise commerciale et industrielle aggravée encore par l'incendie de La Chaux-de-Fonds (5 Mai 1794), obligèrent la Loge à suspendre ses travaux jusqu'en 1796.


  • Comme le Grand Orient de France était en sommeil, on décida de travailler dorénavant sous les auspices du Grand Orient de Prusse. Une nouvelle Constitution (12 Novembre 1798) leur fut accordée par la Grande Loge aux Trois Globes. Toutefois, il semble que la Loge ait regretté le Grand Orient de France, car elle tenait beaucoup à son ancien rituel et n'adoptait qu'avec peine le système rectifié en vigueur à la Grande Loge aux Trois Globes.


  • C'est probablement cette circonstance qui fit reprendre à la Loge le chemin du Grand Orient de France dès 1803. Cette situation compliquée, que nous pouvons attribuer aux circonstances particulières de l'époque, prit fin en 1806, date à laquelle la Loge se plaça de nouveau uniquement sous l'obédience du Grand Orient de France.


  • Le 16 Mars 1806, le général Oudinot entre au Locle à la tête d'une division de 6'000 hommes aux fins de prendre possession de la principauté de Neuchâtel, cédée à Napoléon qui la donna lui-même à son ami et confident le Maréchal Berthier. Comme le Frère Oudinot, nombre de ses officiers étaient des Francs-Maçons ; aussi, à peine les soldats étaient-ils installés que la Loge se vit envahie par de nombreux visiteurs appartenant à l'armée. Cette circonstance ne contribua pas peu à donner une grande vitalité à la Loge. L'occasion qui était offerte aux officiers de se faire recevoir Franc-Maçon ne fut pas perdue, car, pendant les 7 mois que dura l'occupation, la Loge procéda à 14 réceptions de profanes appartenant à l'armée du Frère Oudinot. En outre, il y eut cette même année (1806) 18 réceptions, ce qui donne le chiffre extraordinaire de 32 réceptions.


  • Dès 1804, la Loge avait accordé la Lumière à des éléments jeunes et vivaces. Parmi ces entrées, citons particulièrement l'affiliation du Lieutenant Jean-Jacques Huguenin, de la Loge Parfaite Egalité à l'Orient de Genève. Il devint Maître en Chaire et conserva ces fonctions presque sans interruption jusqu'en 1828. Il reçut du reste le titre de Vénérable d'honneur en 1809.


  • Des secours importants étaient alors accordés aux riverains du Bied du Locle, en danger perpétuel d'inondations. Le Vénérable Jean-Jacques Huguenin, à la suite d'inondations répétées, prit l'initiative du projet, hardi pour l'époque, de percer un tunnel au Col-des-Roches, à la base de la montagne qui termine la vallée du Locle et de faciliter par là la fuite des eaux surabondantes. Après d'énormes difficultés, ce travail surhumain, - grâce auquel Le Locle doit d'avoir pu se construire plus tard au fond et dans la direction ouest de la Vallée, - fut terminé et le Frère Huguenin put se réjouir du beau résultat de son initiative, autant ingénieuse qu'elle ne fut d'ailleurs aussi désintéressée.


  • Les Frères de La Chaux-de-Fonds désiraient un local plus rapproché de chez eux et le 21 Avril 1819, une planche signée de 23 Frères avisait la Loge de leur détermination de fonder un nouvel Atelier. Le 16 Mai 1819, l'assemblée de Loge leur accordait leur retraite. La planche qui fut adressée porte la date du 22 Mai 1819. Elle est empreinte de toute la douleur ressentie par ce départ collectif mais fait des vœux très fraternels pour la réussite de leur entreprise. La démission des Frères de La Chaux-de-Fonds fut une grande perte pour la Loge du Locle.


L'année 1829 est appelée à faire époque dans l'histoire de la Loge : la construction du bâtiment actuel de l'Atelier. Le 6 avril 1829, une Commission est désignée pour trouver un nouveau local. Les affaires sont rondement menées. Dès le mois suivant, on adopte les plans d'un bâtiment répondant à l'affectation spéciale qu'on lui destine. Les travaux vont bon train puisque le 9 novembre 1829, on s'occupe déjà de la question de savoir comment on décorera le Temple, dans lequel la première Tenue a lieu le 5 Avril 1830, tandis que l'inauguration solennelle intervient le 4 Octobre suivant. Ce bâtiment est aujourd'hui le plus ancien temple maçonnique de Suisse.

Il n'y a que le premier pas qui coûte ! Une fois devenue propriétaire du bâtiment, la Loge ne tarde pas à l'agrandir et à le porter dans les dimensions où nous le connaissons aujourd'hui. Le premier étage ayant été loué à une Société profane, cette dernière formule, en 1835, la demande d'un agrandissement de local. Ceci décide la Loge à édifier au Sud une adjonction sur toute la longueur de la maison. Enfin, en 1842, l'aménagement d'une entrée particulière pour accéder aux locaux de la Loge et, en 1844, la construction d'une nouvelle adjonction à l'Occident, viendront donner à notre bâtiment de la rue des Envers son aspect extérieur actuel.

C'est en 1842, au Locle, que la création de ce qui allait devenir la Grande Loge Suisse Alpina fut initiée : après une première réunion en 1840 à Bâle, une Commission fut mise sur pied en vue de préparer un projet d'association regroupant toutes les loges de Suisse. Le Locle a le privilège d'être choisi pour abriter les assises d'une prochaine réunion des Loges fixée à l'année 1842. Les 24 et 25 Juin 1842, 130 participants se retrouvent au Locle pour célébrer la Fête patronale de Saint-Jean ; 11 Loges sont représentées. Le matin du 25 Juin 1842, est signé au Locle, dans une Conférence des Délégués des Loges tenue dans les locaux des Vrais Frères Unis, cet Acte d'Union, premier pas décisif dans la voie de la réunion de toutes les Loges du sol Helvétique sous une seule et même Autorité Maçonnique, constituée enfin à Zurich, en 1844, sous le titre distinctif de Grande Loge Suisse Alpina.

Après les événements de 1848 qui verront le canton de Neuchâtel se libérer de la tutelle prussienne et se répercuteront par un ralentissement momentané des travaux, les années suivantes seront plus calmes. Elles seront marquées par la création, en 1853, dans une partie du bâtiment même de la Loge, d'un petit hôpital, auquel on donnera le nom d' " Hôpital fraternel " et dont la fusion, 2 ans plus tard, avec un établissement analogue, déjà fondé autrefois sur l'initiative de quelques Frères, devait donner naissance à notre " Hôpital du Locle " actuel.

Il faut, semble-t-il, attendre l'année 1870 pour fournir à la Loge une occasion nouvelle de se manifester. Elle le fera, d'ailleurs, dans un sens et une mesure qui rendent hommage à nos principes maçonniques d'Humanité et de Charité, en renonçant totalement à la jouissance de ses locaux, pour les affecter à l'usage de l'Ambulance fondée par l'initiative de quelques-uns de ses membres, pour soigner les infortunés blessés de la guerre franco-allemande venus chercher refuge sur notre territoire.

Quelques années plus tard, la Loge reprendra encore l'œuvre du " Dispensaire du Locle ", dont le but est de secourir les malades nécessiteux.

En 1885, la Loge met sur pied une nouvelle institution, la Cuisine Populaire, à l'intention de la population ouvrière et dont le but sera de mettre à la disposition de cette dernière, au plus bas prix possible, une nourriture saine et abondante. Les circonstances de l'époque, - notamment la substitution de plus en plus générale dans notre industrie horlogère du travail à domicile par le travail en fabrique, obligeant un bon nombre d'ouvriers, en raison de l'éloignement, à prendre ailleurs que chez eux le repas de midi, - établirent dès le début l'utilité incontestable de la Cuisine Populaire jusqu'au moment de sa dissolution, en 1920.

Enfin, en 1892, c'est à la Loge que sont jetées les premières bases du Bureau de Travail, dont le but sera de venir en aide aux ouvriers sans travail, en leur procurant occupation, vêtements ou subsides.

En 1898, la Loge entreprend la rénovation de sa Salle des Fêtes qui reçoit son décor actuel et, en 1908, le Temple est l'objet d'une restauration complète et d'une nouvelle décoration.

De 1901 à 1902, par suite de l'incendie de l'Asile des Billodes, la Loge abandonne spontanément tous ses locaux en faveur de cette Institution jusqu'au moment où l'Asile reconstruit pourra recevoir de nouveau ses pensionnaires ; dans l'intervalle, elle tient ses assemblées administratives à l'Hôtel des Trois Rois.

En 1923, une série de transformations et réparations importantes au bâtiment interviennent.

Durant le 20ème siècle, la Loge vécut essentiellement des jours calmes. Sous l'influence de circonstances peu favorables à son développement, elle a toujours souffert d'un certain isolement. Elle n'en maintient pas moins son activité avec le concours d'éléments extérieurs à la région.


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